Les Porteurs d\'eau

Création : Théâtre du Nouvel-Ontario, 1er mai 1982 dans une mise en scène de Brigitte Haentjens

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  • Publiée en français chez Leméac Éditeur, Montréal, 2004
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    « Le texte est très beau, très poétique, tout en étant empreint d'un réalisme douloureux. L'auteur a un style superbe...
    Sophie Bernard, LA ROTONDE,
    8 mars 1983 »
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      Synopsis

      Au début du siècle, au Lac-Saint-Jean, l'expropriation des terres et l'exploitation des colons sont le prix à payer pour l'érection de barrages hydroélectriques pour la grande industrie.

      Issu d'une famille modeste mais pressé de s'en démarquer, Théophyle vendra sa conscience pour défendre les intérêts des investisseurs étrangers plutôt que ceux de ses concitoyens. La construction d'un barrage, la perte de terres agricoles, une compagnie prospère, des cultivateurs ruinés et floués, la colusion entre l'état et les financiers, et nous voici plongés au coeur de l'Histoire.

      Considérée par certains comme la pire des injustices, par d'autres comme une tempête dans un verre d'eau, ce qu'on baptisa "La Tragédie du Lac Saint-Jean" demeure encore un sujet brûlant d'actualité à cause de ses enjeux. Inspirée de La Tragédie du Lac Sait-Jean, le livre de l'histoire Victor Tremblay, Les Porteurs d'eau" nous ramène dans les années 1915 à 1928.


      Nous suivons Théophyle Fleury, un jeune séminariste, qui nous sert de guide à travers les évènements et les époques. Théophyle qui croit au progrès et qui se range du côté des plus forts. Les personnages sont fictifs mais toute vraisemblance avec la réalité historique a été voulu.

      La pièce est d'inspiration brechtienne, elle est composée de tableaux, de songs et d'une distribution jouant de nombreux personnages.

      Théophyle Fleury, jeune séminariste à la langue bien pendue, originaire de Saint-Coeur-de-Marie, est envoyé en probation au sein d'une communauté de religieuses cloîtrées de Roberval.

      En plus d'être bavard, Théophyle est également bilingue. C'est ainsi qu'un certain après-midi de cet été 1914, alors qu'il cueille des bleuets en compagnie des soeurs de la congrégation, on lui annonce que les autorités du Séminaire de Chicoutimi requièrent ses services pour une mission spéciale : Il sera envoyé comme interprète auprès de riches industriels américains qui viendront au Lac-Saint-Jean au printemps 1915.

      Ceux-ci auront à leur tête monsieur Buchanan-Duke, le roi du tabac américain. Le but de cette grosse visite est la construction de barrages et de centrales hydro-électriques sur les principaux cours d'eau alimentant le Lac-Saint-Jean malgré des études démontrant l'impact négatif de ces constructions sur les fermes riveraines.

      Objet de fièreté et de sacrifices pour sa famille (on se prive même de l'essentiel pour lui offrir des études dans le but qu'il devienne prêtre) Théophyle se laissera néanmoins séduire par la richesse et une certaine conception du modernisme et du pouvoir. Il abandonne donc ses projets de prêtrise et va étudier les finances à Montréal.

      De retour en 1917, il accepte de travailler pour « la compagnie des barrages » et deviendra comptable aux chantiers de construction de la centrale d'Isle-Maligne.

      Ces imposants ouvrages inquiètent la population du Lac-Saint-Jean. On appréhende, non sans raisons, une tragédie irréparable ; des terres parmi les plus riches de cette région, que l'on appelait à l'époque le grenier du Québec, seront submergées ; des innondations et des expropriations seront inévitables.

      Une mobilisation des agriculteurs et de la population en général s'organise. La famille même de Théophyle devra quitter la terre ancestrale qui sera, sans préavis, inondée et pour laquelle on leur offrira, par la suite, un dédommagement somme toute symbolique.

      La pièce de Michel Marc Bouchard divisée en 14 tableaux et 6 chansons couvre une période de 14 ans (1914-1928). Elle nous entraîne d'un champ de bleuets, aux intérieurs de familles d'agriculteurs, sur un bateau voguant sur le Lac-Saint-Jean, à un terrain de golf à Montréal, sur un chantier de construction, à l'hôpital Roberval, dans une chambre d'hotel et sur le pont Taché à Alma...

      Elle met en lumière la dialectique du pouvoir entre une population abusée et la puissance des intérêts de développeurs-investisseurs. Un drame d'autant plus grand que les intérêts du pouvoir sont défendus par un fils de ces terres perdus à tout jamais ; un porteur d'eau renié par sa propre famille et ses amis d'antan.


      PERSONNAGES/CHARACTERS

      Théophyle Fleury, jeune séminariste
      La Mère supérieure du Couvent de Roberval
      La Novice
      Soeur Sainte Ursule
      Honoré Fleury, père de Théophyle
      Léonie Fleury, mère de Théophyle
      Thomas Fleury, frère de Théophyle
      Bella Fleury, femme de Thomas
      Madame Gaudreault, une voisine
      Un notable
      Miss Barker, secrétaire de Duke
      La Grosse Corrine, une paysanne
      Léopold, cadre de la compagnie
      L'Immigré polonais
      Lucille, la putain

      Mot de l'auteur

      «En 1981, à 23 ans, j'entreprenais l'écriture des Porteurs d'eau. Je voulais, avec cette pièce, raconter la vie des petites gens face aux grands boulversements d'une époque. Boulversements qu'ils ne décident jamais mais qu'ils subissent la plupart du temps. Je voulais également illustrer les réactions face à l'arrivée de 'industrialisation.

      Je me suis librement inspiré de l'ouvrage de monseigneur Victor Tremblay, La Tragédie du Lac-Saint-Jean. Loin de se vouloir un portrait fidèle des événements, Les Porteurs d'eau se veut, comme dans le théâtre de Bertolt Brecht, une illustration des conséquences politiques, sociales et humaines des grands boulversements d'une époque.

      On parle encore de construction de barrage hydro-électrique plus de soixante ans plus tard. Notre société a parfois une mémoire déficiente. Il était de mon rôle d'écrivain de la vivifier.»
      Michel Marc Bouchard

      PRODUCTIONS

      C'est avec la lecture publique de Les Porteurs d'eau au CNA que Michel Marc signe son premier contrat de droit d'auteurs. C'est la première fois qu'il touche de l'argent de ses mots.


    • LES PORTEURS D'EAU , mise en lecture publique de Brigitte Haentjens, Salon du Centre national des arts, printemps 1982.

    • LES PORTEURS D'EAU, création, m.e.s. de Brigitte Haentjens, Théâtre du Nouvel-Ontario, Sudbury, Ontario, 1982.

      "Le texte est très beau, très poétique, tout en étant empreint d'un réalisme douloureux. L'auteur a un style superbe..."
      Sophie Bernard, LA ROTONDE, 8 mars 1983



      Sur la photo, Michel Marc jouant un des rôles dans la pièce.


    • LES PORTEURS D'EAU, m.e.s de l'auteur, Théâtre du Centenaire de Mistook, Saint-Coeur de Marie, Québec, 1982.

      "... UNE ADAPTATION REMARQUABLE!... Les textes sont savoureux, parfois dramatiques, parfois tendres et parfois amusants, le tout réflétant bien ce qu'aurait pu être l'opinion des gens de l'époque face à ce problème... C'est une pièce à voir absolument."Dany Guérin, LE LAC SAINT-JEAN, 21 juillet 1982



      Lise Tremblay (Bella) et le choeur des femmes. . Université du Chicoutimi pour les Jeux du Québec à Dolbeau, hiver 1985.


    • LES PORTEURS D'EAU, m.e.s. de l'auteur, Module des arts d'interprétation, Université du Québec à Chicoutimi pour les Jeux du Québec à Dolbeau, hiver 1985.



      ©Michel Boudreault
      Yves Larouche (Honoré Fleury). Théâtre de la Rubrique. Saguenay, avril 2000.


    • LES PORTEURS D'EAU, nouvelle version, m.e.s. de Benoît Lagrandeur, Théâtre de La Rubrique, Jonquières, avril 2000.

      "... La pièce ne permet pas de répondre à toutes les interrogations mais nous force à un questionnement intéressant en ce début de millénaire."Isabelle Labrie, LE QUOTIDEN, 8 avril 2000



      ©Michel Boudreault.
      Mathieu Savard (Thomas Fleury). Théâtre de la Rubrique. Saguenay, avril 2000.


      Le barrage d'Isle Maligne






      Barrage hydroélectrique de L'Isle Maligne et ses pelles qui, par sa construction, provoqua la "tragédie du Lac Saint-Jean" durant les années 1920.



  • Roberval, 30 mai 1928
    Saint-Méthode, mai 1928
    Photo de Hector Brosseau.
Centre de Roberval, mai 1928
    Évacutation de Saint-Méthode, mai 1928
    Couvent des Ursulines de Roberval, mai 1928